C’est quoi exactement la démarche zéro déchet ?

On entend de plus en plus parler de zéro déchet dans notre quotidien mais au final le zéro déchet qu’est-ce que c’est au juste ?
Si on devait le définir simplement, ça donnerait sûrement un peu ce qui suit.

Le “zéro déchet, zéro gaspillage” est une démarche pour réduire l’impact de l’Homme sur l’environnement, en diminuant la quantité de déchets que nous produisons et leurs impacts négatifs sur notre planète. On parle aussi de démarche zero waste, dans la langue de Shakespear, “waste” signifie à la fois “déchet” et “gaspillage”.

Le zéro déchet est une démarche progressive et positive, qui peut être suivie aussi bien à titre individuel que collectif. Elle permet de limiter son impact individuel négatif sur l’environnement, de favoriser des produits meilleurs pour sa santé, et en prime dans certains cas de faire des économies,

Zéro ? C’est possible ?

Dans l’absolu ça semble impossible ! “Zéro” est un objectif idéal, c’est une cible qu’on se fixe pour développer une société respectueuse de l’environnement, avec le minimum possible de déchets et de gaspillages, et une économie vraiment circulaire. Cela se retrouve dans cette devise du zéro déchet :

Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas

Le but absolu n’est pas d’avoir des déchets recyclables ou “biodégradables” : c’est finalement d’éviter d’avoir des déchets tout court dès que c’est possible. D’avoir des choses durables, réutilisables, réparables, et pas du jetable.

Si le mot “zéro” ne vous convient pas, vous pouvez parler de “réduction des déchets” ou de “limiter son impact”.

Nota : A défaut de pouvoir éviter totalement le jetable, les déchets recyclables et biodégradables sont cependant un moindre mal.

Comment faire pour démarrer ? La règle des 5R !

Avec le zero déchet (zéro gaspillage) nous repensons notre façon de consommer et de vivre :

  • Réduire à la source les déchets
  • Allonger la durée de vie des objets
  • Traiter au mieux les déchets produits

Pour ça, on s’appuie sur la règle des 5R, créée par la blogueuse Béa Johnson : Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, et Rendre à la terre.

  • Refuser : les objets à usage unique, les objets non revalorisables, les choses dont on n’a pas réellement besoin.
  • Réduire : acheter les quantités juste nécessaires, éviter les gaspillages
  • Réutiliser  : préférer les objets réutilisables, acheter d’occasion, emprunter ou louer, réparer, vendre ou donner ce qui ne nous sert plus
  • Recycler : recycler les objets ou matières revalorisables et qui ne peuvent pas être réutilisés
  • Rendre à la terre : composter tous les déchets organiques

On peut voir au travers de la façon dont cette liste est ordonnée que le recyclage n’est plus présenté comme étant le premier réflexe écologique à avoir, mais la dernière solution à envisager après avoir pensé à refuser l’objet, et après avoir considéré sa réutilisation

Pourquoi faut-il agir ?

Ramasseurs de déchets dans un bidonville de Jakarta en Indonésie – Jonathan McIntosh – CC BY 2.0

A l’heure actuelle, nos modes de consommation et de production génèrent énormément de déchets, de gaspillages et de pollutions. On extrait trop de ressources naturelles, trop vite, sans se préoccuper vraiment de les reconstituer (et encore, lorsqu’il est possible de les reconstituer !). On ne s’intéresse souvent pas à la pertinence de fabriquer certains produits (les produits jetables notamment) ou à ce qui va arriver après leur mise à la poubelle.

Pour réaliser les objets qui nous entourent, il a fallu extraire des matières premières, dépenser de l’énergie et des ressources pour produire, puis transporter l’objet jusqu’à nous. Chaque objet porte l’équivalent d’un “sac a dos écologique” (concept créé par le chercheur allemand Friedrich Schmidt-Bleek) de tout ce qui a été nécessaire pour le produire. Pour un jean de quelques centaines grammes, cela représente 49 kg de matières ! De quoi s’interroger avant d’aller en acheter un neuf !

Une fois jeté, un objet peut malheureusement finir sa vie dans la nature. S’il a cependant été “proprement” mis à la poubelle, il va souvent aller en décharge ou en incinération. Ou dans le meilleur des cas, s’il est recyclable, qu’il a bien été trié et qu’il existe une filière de recyclage, il pourra être recyclé. Néanmoins pour beaucoup de matières comme les plastiques, le papier, etc. le cycle du recyclage n’est pas infini : la qualité de la matière diminue à chaque cycle. On parle de “décyclage”. Pas vraiment l’idéal non ?

Pour le cas de nos déchets alimentaires et organiques, les enfouir ou les incinérer est un gaspillage colossal ! Ces biodéchets peuvent produire du compost, bénéfique pour les sols de nos jardins et de nos surfaces agricoles. Ils peuvent également servir à produire du biogaz… Pour cela il y a une condition, il ne faut pas les mélanger au reste des ordures ! Ces déchets organiques représentent environ 1/3 du contenu de notre poubelle. Un beau levier de progression si tout le monde se met à les trier n’est-ce pas ?

Les avantages

Préserver la planète

Les déchets sont sources de pollutions des eaux et des sols : nanoplastiques ingérer par les animaux marins au fond des océans, “continents” de déchets à leurs surfaces, décharges sauvages en Asie… Les pollutions liées aux déchets sont nombreuses et affectent la santé des hommes, des animaux et des végétaux partout sur la planète.

Avec le zéro déchet, nous limitons ces sources de pollution. Nous agissons aussi en amont, en diminuant le recours à des procédés industriels lourds pour traiter nos déchets : incinération, décharge, ou même recyclage. De même l’étape de production des objets consomme de l’énergie, de l’eau et des ressources naturelles…En réduisant notre consommation, nous réduisons également notre utilisation de ces ressources.

Epargner son porte-monnaie

Toutes les personnes engagées dans la démarche zéro déchet vous le diront : passée une première étape où l’on s’équipe (gourde, sacs à vrac), le zéro déchet fait faire des économies notables. C’est logique : on refuse les produits inutiles, on préfère l’occasion ou l’emprunt, on fait durer plus longtemps nos objets, etc. Avec le vrac, on peut acheter des quantités plus adaptées à nos besoins et ainsi limiter le gaspillage alimentaire !

Protéger son capital santé

Le zéro déchet nous invite souvent à revenir à des produits bruts, peu ou pas transformés, ou à la composition plus simple. C’est notamment vrai dans la salle de bain et les produits d’entretien, et l’on peut même faire certains produits soi-même. Cela vaut également pour l’alimentation. En évitant les emballages, on réduit aussi notre exposition aux plastiques. Bref, on maîtrise mieux ce qui entre en contact avec notre corps, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez vous lancer dans la démarche zéro déchet, vous pouvez visionner les vidéos du Challenge Zéro Déchet sur la chaîne MylittleDécouvertes ou dans la section Vers le zéro déchet du site.

Et si vous êtes déjà avancés dans cette démarche, vous pouvez malgré tout consulter ces contenus et bien d’autres sur la chaîne youtube et sur le blog. Vous y trouverez certainement de bonnes idées complémentaires aux vôtres.

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